
À l’heure où nous mettions sous presse, nous n’avions aucune idée sur le vote réservé par les eurodéputés à l’Accord agricole.Â
Il est vrai que nous ne sommes pas dans la même réalité politique qui a marqué le vote négatif de l’Accord de pêche, parce que les accords ne sont pas les mêmes.Â
Pour celui concernant la pêche, des députés ont pris spécifiquement position contre cet accord pour des raisons qu’on va forcément retrouver lors du vote de l’accord agricole, selon l’avis de certaines sources proches du dossier.
A l’analyse, on constate que lors du vote de l’accord de pêche, il y a eu trois blocs de députés qui ont voté contre.Â
Il y a d’abord les députés qui défendent les thèses du front Polisario, et ceux-là , quoi qu’il arrive, voteront toujours contre tout partenariat avec le Maroc.
Ensuite, il y a le bloc des verts qui est un groupe très important et qui a considéré qu’on ne pouvait pas exploiter le domaine maritime de cette façon parce que cela présenterait un danger pour l’équilibre écologique des eaux de pêche. Leur vote n’étant pas un vote hostile à l’égard du Maroc.
Le troisième groupe est celui qui considérait que cet accord de pêche revenait très cher à l’UE dans un contexte de crise budgétaire que vit l’Europe.
Pour l’accord agricole, nous sommes résolument dans une autre configuration. Il y aura bien évidemment la donnée politique représentée par ce groupe pro-polisario. Des députés espagnols voteront également contre cet accord pour satisfaire leur électorat en Andalousie, région qui se dit la première lésée par cet accord. Or, c’est cette même région qui met la pression sur l’UE pour conclure avec le Maroc un accord de pêche.
Par ailleurs, la réalité des écologistes n’est pas la même, et sur le plan financier l’accord est jugé équilibré. On verra bien si les pronostics seront bons et si le Maroc ne sera pas sacrifié sur l’autel de l’arithmétique politicienne. On l’espère, car ni la conjoncture économique ni la conjoncture politique mondiale ne sont propices à ces jeux de passe-passe.
Cela ne serait pas la fin du monde, mais il serait déplorable d’essuyer un autre revers, surtout que cela menacera les tenants du Statut avancé. â–
Par Fatima Ouriaghli